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Au café portugais du château il y a deux frères, l'un est aussi bourru que l'autre est séduisant.
On tombe irrésistiblement sous le charme du second. J'ai souvent parlé des yeux mélancoliques et de la poésie de comptoir
de César.
Ce matin, à l'heure de la noisette dans la morne grisaille , tandis que je feuillète le Parisien, Paulo le Premier qui
normalement ne parle pas le matin, dit-il, me pose une de ses questions préférées, à savoir où vit exactement ma mère. Rambouillet. Une maison à la campagne? En quelque sorte, un petit
appartement avec un jardinet... Satisfait de cette réponse, il m'explique que ce sera bientôt la guerre civile, et oui ma p'tite, y a plus d'argent, c'est pas possible, ça va être la guerre, y'a
pas de solution...
- Avait-il lu la prise de Taris que venait de terminer mon hermano de coeur ? Mais comment? A travers moi?-
- Je suis d'accord Paulo. Mais dans combien de temps...
Il faut partir, ici tout va exploser, il faut que nous (enfin au moins lui) allions chez ma mère, là bas, à Rambouillet...
- Mais Paulo, c'est trop près de Paris, ne serait-il pas plus sage d'aller carrément se réfugier au Portugal....?
Il fronce les sourcils.
- Non, là bas aussi il y aura la guerre.
Bien sûr. Mais j'insiste qu'il serait malgré tout plus facile de s'y cacher. Il doit y avoir plus de place... Il réfléchit... Le Portugal, ce pays où on se lève le matin et on est libre, on va où on veut... Temps. Tout de même c'est sans doute joli, par là bas, Rambouillet...
- Toi ma p'tite tu peux aller où tu veux, moi en tout cas j'irai chez ta mère...
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