Partager l'article ! pour la lune: Soleil encore, y a t-il jamais eu autant de soleil en décembre... (souviens toi qu'une année tu fêtais ton anniversaire en tête ...

Soleil encore, y a t-il jamais eu autant de soleil en décembre... (souviens toi qu'une année tu fêtais ton anniversaire en tête à tête avec lui, au bord de la Seine, à 9 du matin...). J'ai une envie folle d'écrire, mais le ciel bleu dehors, cette lumière froide d'hiver (toute tiède à vrai dire) qui enivre, me voilà dans la rue avec le bâton à slalomer entre les courses du réveillon, l'esprit déjà dans le ramage ombré de mon petit square idéal, délicatement dessiné sur le bâtiment blanc par un pinceau de lumière dorée qui se glisse entre les branches nues de mon arbre (ô mon arbre...), que je salue dès que j'arrive, le front contre son tronc, un geste d'amour que j'ai appris de mon Désir... - Tiens justement, laissons là un instant l'échauffement musculaire et le réveil des articulations, et parlons de toi mon Désir... Ton absence est un trou béant qui traverse tout mon être, qui se comble de douleur cuisante parfois, et d'autres devient un lac d'une étrange joie... Tout ce temps que nous nous consacrons (c'est très précisément le terme) me reste, énorme, et s'ouvre. Il se remplit d'autres bonheurs qui disparaissent quand tu es là, submergés qu'ils sont par la lame amoureuse, puis abandonnés sur les plages polluées d'Antiterra, quand nous partons léviter sur la lune... Hier par exemple je me rendais à la musique: la voix, les longs cils qui se tendent avec autorité vers les yeux des autres joueurs, les doigts longs qui pianotent agilement le bandonéon, le sourire, les cheveux longs de faux gitan argentin qui s'échappent en grosses boucles, tout ce qu'est mon ami musicien, et les souvenirs se superposant rendent le moment très dense, mémoire des tympans, car je l'ai souvent entendu, je l'ai trop souvent entendu, il n'y a aucun musicien que j'aime comme lui, tant que quand il a fini d'être musicien je n'ai rien à lui dire, lui m'aime comme la pâle morena qui troue parfois la grisaille parisienne et qu'il ne peut attraper autrement que par le chant, et donc nous restons un instant à nous regarder dans un sourire muet, et rions de ne pas savoir quoi alors que nous...
Un abrazo très long, très bon...
Mais revenons au bâton. Le tenir droit, le faire tourner parallèmement au corps, visualiser le chemin qu'il fait dans son dos... Son corps bouillonne déjà, elle retire pull et écharpe. Trois fois le tao en ne pensant à rien d'autre qu'aux mouvements du bâton, et aux coups que porte l'ombre. C'est de l'extérieur que je la regarde, (comme le dit Liscano que j'ai mal jugé, que j'ai voulu comprendre trop vite. Bien sûr que nous sommes deux et que l'une de nous est toujours à l'extérieur, parfois dans un léger décalage temporel, tandis que l'autre pénètre à l'intérieur du moment. Nous progressons côte à côte et nous aimons de mieux en mieux...), d'un peu plus tard dans la rue alors que je marche vite entre les sacs de consommations que sont mes concitoyens de réveillon et me sens capable à moi seule d'un bonheur si grand (sans rien acheter, sans rien projeter, et dans l'absence de toi...) que je devrais bien sûr me sentir coupable, mais non, car ce bonheur immoral je l'ai arraché au chaos de la moralité, malheureux sont ceux qui imposent aux autres leur malheur et au monde leur désert, tiens, c'est presque une parole prophétique qui monte en moi, oui, s'il n'y a plus de forêt je vivrai dans le souvenir de la forêt, j'ai des choses à entendre et à écrire, je glisse une lettre dans la fente de la boite aux lettres, pour la lune.
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